Au terme d'une campagne interminable, le sénateur démocrate devient le 44e président des états-unis et le premier afro-américain à gagner la Maison-Blanche. John McCain a rapidement reconnu sa défaite et félicité son rival. Les Etats-Unis n'ont pas manqué leur rendez-vous avec l'histoire.
Barack Obama se lance dans la politique en 1996, et est élu au sénat de l’Illinois, place qu’il occupera de 1997 à 2004. Il se distingue par son opposition précoce à la guerre en Irak lancée par George W. Bush, et sera élu sénateur en novembre 2004. Le 10 février 2007, il déclare sa candidature à l’investiture démocrate pour les élections présidentielles de 2008.
Lors des primaires, il affronte Hillary Clinton, ancienne première dame, et lance une campagne sur le thème du changement, marquée par le slogan « Yes we can ». Sa candidature enthousiasme particulièrement les jeunes et les minorités.
Il remporte les primaires et est officiellement investi par le parti démocrate le 28 août 2007, jour du 45e anniversaire du discours de Martin Luther King, « I have a dream ».
Le 23 août, il désigne Joseph Biden comme Co-listier. Ce choix doit donner l’image de l’expérience politique, particulièrement au niveau de la politique étrangère, domaine dans lequel Obama est relativement inexpérimenté. Mais ce choix est critiqué, en raison des gaffes régulières de Biden dans le passé.
Les républicains avancent divers arguments pour mettre Obama en déroute. Ils montrent du doigt le soutien de la campagne par ACORN, qui a fait des erreurs et est accusé de tentatives de fraude au niveau de l’inscription des citoyens sur les listes électorales. Ils accusent aussi Obama d’être proche de Bill Avers, fondateur des Weathermen, groupe activiste de gauche radicale défini par le FBI comme une organisation terroriste. Enfin, ils présentent Obama comme un «socialiste », terme synonyme de communisteaux Etats-Unis, qualificatif presque insultant dans une amérique encore influencée par la guerre froide.
Si Obama affirme d’abord qu’il utilisera le système de financement public pour financer sa campagne électorale à condition que McCain fasse de même, il utilise finalement des fonds privés, ce qui lui permet de contourner les limites imposées par les fonds publics. Sa campagne est la plus coûteuse de l'histoire des Etats-Unis, avec 605 millions de dollars dépensés, contre 150 millions pour celle de McCain.
Deux semaines avant les élections, Obama reçoit le soutien de l’ancien secrétaire d’état républicain Colin Powell, ce qui lui donne une avance décisive dans les sondages.
Le 4 novembre, le taux de participation atteint un niveau record, avec 63% des électeurs inscrits se rendant aux urnes. Obama est élu avec 9 millions de voix d’avance, avec 52.9% des votes, contre 45.6% pour McCain. Il obtient ainsi 365 grands électeurs, contre 173.
Il remporte les élections dans certains états pourtant acquis aux républicains, comme l’Indiana, la Virginie ou la Caroline du Nord. Les jeunes électeurs sont majoritairement pro-Obama, ce qui lui permet d’emporter 68% des voix dans cette classe d’âge. Il remporte également 95% des suffrages afro-américains.
Moins d'une heure après son élection, il est sur la scène du Grant Park de Chicago, son fief, pour fêter sa victoire et assurer aux Américains que "le changement est arrivé". Il évoque les enjeux majeurs de son mandat à venir, les guerres en Irak et en Afghanistan ainsi que la crise économique et financière.
Obama entrera en fonction le 20 janvier 2008.
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