C’est désormais officiel, après deux tentatives avortées Métro France distribue à Paris et Marseille, le premier quotidien national gratuit. Intitulé « Metro », le journal est espère se rentabiliser par les annonceurs en raison de sa mise à disposition de manière stratégique près des transports en commun.
Chez Métro, le contenu est à 60% tiré de dépêches d'agences, généralistes ou spécialistes. Les 40% restants sont traités par les 25 journalistes des trois éditions françaises, ou sont des informations reprises dans les éditions internationales du groupe suédois Metro Publications SA, qui a lancé son premier gratuit en 1995 à Stockholm. Métro publie en effet 25 éditions dans 14 langues et 16 pays.
En ce qui concerne la réception donnée à ce premier lancement les avis sont partagés avec des lecteurs plutôt contents mais des patrons de presse et des syndicats pour le moins énervés. Alors que les grands groupes de presse qui occupent aujourd’hui une position dominante sur le marché ont exprimé leur mécontentement, les syndicats ont fait en sorte de retarder le plus possible la diffusion du quotidien gratuite.
Dans un premier temps la sortie été prévue à Paris lundi 11 février mais Métro n’a pu suivre le calendrier en raison du blocage des exemplaires. Même le lancement d’aujourd’hui a été contrarié à Marseille d'abord où dans la nuit de dimanche à lundi, une quarantaine de personnes se réclamant de la CGT-Filpac de Vitrolles ont détruit les 50 000 premiers exemplaires du quotidien gratuit Metro qui venaient d'être imprimés à Châteaurenard, (près de Marseille). Réimprimé dans l'urgence à 20 000 exemplaires, il a néanmoins été distribué en petite quantité dans la soirée. Il fait sa "Une" sur le tabagisme des adolescentes.
A Paris, Metro a été empêché d'imprimer son journal sur les rotatives de France Soir par les rotativistes du Livre, le groupe a déclenché "un plan de secours" pour être finalement imprimé au Luxembourg. Mais dans la matinée, les ouvriers du Livre parisien ont bloqué les exemplaires du journal à la sortie du métro et des gares. Sur les 200 000 exemplaires imprimés, seuls 10% auraient pu être distribués selon Gérard Letreguilly à la tête de la fédération des rotativistes, correcteurs et ouvriers de Paris diffusion Presse. Les syndicats justifient leurs actions par la concurrence déloyale exercée selon eux par la presse gratuite.
Pour Didier Pourquery (PDG de Métro), la presse gratuite n'a va pas porté préjudice à la presse payante, puisqu'elle a pour objectif d’attirer un lectorat qui ne lisait pas ou peu de journaux. «Ce sont pour 60% des gens qui ne lisaient pas», précisera-t-il plus tard dans une interview donnée l’année suivante. «On a créé notre lectorat, même si, à la marge, il y a des lecteurs de la presse payante qui viennent nous lire de temps en temps».
Par la suite, le quotidien est concurrencé par l’arrivée d’un autre journal gratuit, le 20 minutes, mais loin de se laisser distancié il va élargir sa zone de distribution à 15 villes et faire des éditions régionales
http://www.metrofrance.com/
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