Le 5décembre 1997, Jacques Chirac dépose le "fichier juif" au mémorial de la shoah.
Ce «fichier juif » a été découvert en 1991 par Serge Klarsfeld dans les archives du secrétariat d'État aux Anciens combattants. Dans un premier temps il l’identifie comme pouvant être le fichier dit, de la Préfecture de Police, c’est-à-dire le fichier constitué à partir des déclarations des Juifs français et étrangers domiciliés dans le département de la Seine, auxquels une ordonnance allemande du 27 septembre 1940 a fait obligation de se présenter dans les commissariats de police pour se faire recenser entre le 3 et le 19 octobre 1940. Preuve sera faite par ailleurs que ce n’est pas le cas. Cette période est particulièrement propice car dès le début des années 1990, le débat sur l’accès aux archives de la période de Vichy entre dans la sphère publique. Outre la question de l’identification de ces documents, se pose ensuite la question de son lieu de leur lieu de conservation. Il s’agit de savoir si le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) peut en être le dépositaire. Auquel cas cela reviendrait à confier un pan de l’histoire national à une institution « communautaire » et donc à le « privatiser ». L’enjeu est donc de taille et cela va nourrir le débat ; à tel point que Jack Lang, ministre de la Culture va nomme une commission présidé par René Rémond, Président du conseil supérieur des Archives de France. En 1996, le rapport de la commission est publié et explique l’origine de ce « fichier juif ». Il s’agit de documents, élaborés sous Vichy, formant un « fichier hybride » rassemblant les fiches de quelque 149 000 Juifs arrêtés, déportés ou internés aux camp de Drancy, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Il établit ainsi que les fichiers retrouvés ne constituent pas le fichier de la Préfecture de Police lié au recensement d'octobre 1940 et, que ce dernier a été détruit dans sa quasi-totalité en 1948- 1949.
Il s’agit en fait des dossiers de la Préfecture de police comprennent les fichiers individuels et familiaux des Juifs arrêtés à Paris et dans le département de la Seine. Le "fichier juif" comprend également les fiches du camp de Drancy, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. Tous ces fichiers présentent une subdivision spécifique aux enfants internés.
Serge Klarsfeld réaffirme le souhait que les fichiers soient déposés au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) tandis que la commission présidée par René Rémond recommande qu'ils soient déposés aux Archives nationales.
C’est Jean Kahn, président du CRIF et membre de la commission Rémond, qui parvient à trouver un compromis les fichiers originaux seront déposés dans une enclave des Archives nationales implantée dans la crypte du Mémorial de la Shoah.
Ce sont donc ces documents que Jacques Chirac dépose ce 5 décembre 1997. A cette occasion il prononce un discours évoquant les rafles et « l'abdication morale du régime de Vichy », il précise également que « Le patrimoine national est un, dans tous ses aspects, et ces fichiers devaient rester en possession de l'Etat. Mais qu'il leur soit fait un sort particulier ["], c'était à la fois logique et juste».
● Journal de 20 heures de France 2 du 5 décembre 1997
Journal de 20 heures de France 2 du 6 décembre 1997
● Journal de 20 heures de France 2 du 6 décembre 1997
Journal de 20 heures de France 2 du 4 décembre 1997
● Journal de 20 heures de France 2 du 4 décembre 1997