Tout avait pourtant bien commencé. Accueillis sur la grande place de Vilnius par trois cent mille
personnes aux cris de « la Lituanie sera libre ! » le président soviétique s’est d’abord montré conciliant. A la surprise générale, il avait annoncé la veille à la maison de la Presse qu’il allait mettre rapidement à l’étude une loi fixant les « modalités de sortie » des républiques
souhaitant quitter l’URSS. Idée qu’il a reprise dans une conversation avec des ouvriers.
Une attitude qui contraste singulièrement avec les propos très durs qu’il a tenus aujourd’hui à l’égard des nationalistes, les traitant d’égoïste.
Guennadi Guerrassimov, le porte-parole du Kremlin, a expliqué de son côté que, si le droit de se séparer existe dans la Constitution, il faut néanmoins prévoir des procédures ménageant les intérêts des autres parties, comme dans un divorce. Gorbatchev a prôné devant Vytautas Landsbergis, président du mouvement nationaliste Sajudis, une « autre voie que l’indépendance totale » : celle de la souveraineté économique et culturelle au sein d’une nouvelle fédération.
Tous les nationalistes d’URSS suivent avec le plus grand intérêt les événements de Vilnius.
Et l’agence Tass indique que le chef du Kremlin s’est rendu dans une « république fraternelle de la Baltique » en évitant le terme de « République soviétique ».
A l’inverse des autres nations baltes, la Lituanie peut mettre en avant l’homogénéité de sa population, restée lituanienne à 80 %, ce qui renforce d’autant le sentiment nationaliste.
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