Des barricades, des sirènes d’alarme, des carcasses de voitures enflammées, des groupes masqués qui pillent des magasins, des hommes cagoulés qui s’accagnent des bâtiments, environ cinq cent habitants d’un quartier défavorisé faisant face aux escadrons des forces de l’ordre… Ces images ne sont pas celles d’une guérilla loin de nos frontières, tout cela se passe actuellement au nord-est de Lyon : à Vaulx-en-Velin.
Tout a commencé cet après-midi vers 15h00 alors qu’une voiture de police décide de contrôler une moto sur laquelle circulent deux individus. Une situation banale qui tourne brusquement au drame : le deux-roues percute la voiture et termine sa chute sur le trottoir. Son passager, Thomas Claudio, est tué sur le coup. Il avait 21 ans. Quelques heures plus tard, le temps que la nouvelle se propage, et la cité de Vaulx-en-Velin s’embrase avec les premiers affrontements entre les CRS et les centaines de jeunes fou de rage laissant s’exprimer leur haine dans l’exutoire de la violence.
Pour l’heure, les versions sur les conditions exactes de l’accident divergent. Les policiers disent que les motards non casqués ont cherché à échapper au contrôle et que dans leur fuite ils ont accidentellement touché la voiture de police. Le conducteur de la moto affirme lui que la voiture de police a brusquement et volontairement déboité sur eux, sans clignotant ni gyrophares. Le Procureur de la république vient d’ouvrir une enquête et une information a été demandée à la police des polices.
Mais ne nous y trompons pas, les émeutes qui se déroulent actuellement dans la banlieue lyonnaise témoignent surtout de l’immense malaise régnant dans ces « grands ensembles » où sont rassemblés les plus défavorisés de notre société. Depuis les premières émeutes de l’été 1981 dans le quartier des Minettes à Vénissieux rien n’a été concrètement fait pour les habitants de ce que l’ont appellent des cités dortoirs : une très forte population issue de l’immigration, le sentiment d’exclusion pour ceux qui vivent en périphérie des grandes villes, la difficulté des forces de l’ordre à établir un dialogue et l’absence de décision forte en matière de politique de la ville : toutes ces raisons sont certainement les vraies responsables des scènes désolantes auxquelles nous assistons tous ce soir.
Jeune homme pacifique apprécié de tous, Thomas Claudio, d’origine espagnole, était handicapé des deux jambes. Tous le considéraient ici comme un « leader positif ».
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