La révolution de velours doit son nom au peu de sang versé lors des divers affrontements. Elle précipita la chute du régime communiste et marqua la fin des "années de plomb" commencées par l'invasion des pays frères communistes en 1968, qui ont placé Gustav Husak au pouvoir.
Dans un contexte de démocratisation des anciens pays communistes, avec l’indépendance de la Pologne et de la Hongrie par rapport à l’Union Soviétique, le climat social en Tchécoslovaquie est marqué par de fortes tensions. De nombreuses manifestations ont lieu, pour commémorer la mort de Jean Palach en Janvier ou marquer l’anniversaire de l’occupation du pays par les armées du pacte de Varsovie en août. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre, souligne l’essoufflement du régime communiste.
Le 17 novembre, une manifestation pacifique commémorant la mort de l’étudiant Jean Opletal et la fermeture des universités tchèques par les nazis est brutalement réprimée par les autorités. Cette journée marque le début des protestations anticommunistes, et un appel à la grève générale.
Le mouvement se regroupe à Prague, autour de Vaclav Havel et de Charte 77, organisation de dissidents opposés à la normalisation de la société tchécoslovaque qui demande au gouvernement de respecter ses engagements, en particulier en matière de droits de l’homme. Le forum citoyen et la société contre la violence sont créés, et deviendront les principaux interlocuteurs du gouvernement.
Le 20 novembre, après une grande manifestation sur la place Venceslas qui aurait réuni plus de 200 000 personnes, les négociations sont ouvertes. Le 27 novembre, jour de la grève générale, le chef d’Etat Soviétique Mikhaïl Gorbatchev fait une déclaration condamnant l’opération du pacte de Varsovie contre le mouvement de libération tchécoslovaque en 1968. Cela montre le peu de soutien dont bénéficie le gouvernement Tchécoslovaque de la part de l’Union Soviétique.
Le 7 novembre, un nouveau premier ministre est nommé et des membres de l’opposition entrent au gouvernement ; le président Gustav Husak démissionne le 10, et le pays prend le nom de République Fédérale Tchèque et Slovaque. Vaclav Havel est nommé président, et les premières élections libres auront lieu en juin 1990.
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