Lors de la création de l'UNESCO, les Etats s'entendent pour qu'un principe d'égalité soit établit entre les Etats-membres afin d'éviter toute main-mise de l'organisation par un ou plusieurs Etats. Cette précision intervient dans un contexte de début de guerre froide, nous sommes en 1945 et le rideau de fer est sur le point d'être abaissé. Les Etats-Unis sont l'un des pays fondateurs de l'organisation internationale et l'un de ses plus gros donaterurs c'est pourquoi c'est à la suprise générale que nous apprenons que M. Shultz, secrétaire d'Etat des Etats-Unis a fait parvenir le 28 décembre 1983 une lettre avisant l'UNESCO de son retrait au 31 décembre de l'année suivante. Ils en ont certes le droit, l'Acte constitutif de l'Unesco dispose en son article 2, paragraphe 6, que tout Etat membre ou membre associé de l'Organisation peut se retirer après avis adressé au directeur général. Le retrait prend effet au 31 Décembre de l'année suivant celle au cours de laquelle l'avis a été donné.L'une des raisons invoquée est la lourdeur adminstrative de l'UNESCO qui selon les Etats-Unis dépense trop pour sa simple gestion tout en subventionnant dans projets contraires à la charte. Cette dernière accusation est liée au fait que les USA soupçonnent l'organisation de sympathie envers les communistes. Même si nous avons tendance à l'oublier, la guerre froide est bien présente. Déjà McCarthy dans les années 1950 avait dénoncé l'UNESCO comme "un nid de communiste". Autour du président Reagan se trouvent des groupes de réflexion (think tanks) conservateurs qui partagent ce point de vue. Notamment, Heritage Foundation, selon laquelle l’UNESCO « a depuis long- temps donné la priorité à des politiques anti-américaines et anti-occidentales et a cessé de s’intéresser de près aux besoins mondiaux en matière d’éducation, de science et de culture ». Il est vrai que ces dernières années les nouveaux Etats issus de la décolonisation (Tiers-monde, non alignés...) alliés au bloc soviétique représente une part croissante des effectifs de l'UNESCO.Certains parmi les observateurs internationaux, affirment qu'il existe aussi une réelle antipathie des américains pour le directeur général de l’UNESCO, Amadou-Mahtar M’Bow, Sénégalais et musulman, perçu comme l’incarnation de tous ces vices de forme et de fond.Reste à savoir si à l'origine les Etats-Unis ne voulaient pas simplement faire pression afin que l'UNESCO cède à ses points de vues. Aujourd'hui cependant, la menace a été mise a exécution mais pour combien de temps ? En effet il y a dix ans, le pays avait déjà décidé de suspendre les subventions de l'UNESCO suite à la reconnaissance de l’OLP et la condamnation de l’Etat d’Israël.
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