Il est minuit passé, cette nuit, quand une valve de sécurité de l'usine Union Carbide, compagnie américaine spécialisée dans la production de pesticides, a cédé sous la pression d'un gaz toxique. L'isocyanate de méthyle s'est alors répandu dans l'atmosphère, sur 25 kilomètres carrés au-dessus de Bhopal, ville du centre de l'Inde comptant 300 000 habitants.
Surpris dans leur sommeil, les habitants cèdent peu à peu à la panique dans les rues étroites des bidonvilles. Atteintes de cécité - transitoire dans le meilleur des cas, en proie à des difficultés respiratoires sévères, les personnes intoxiquées errent, parmi les hommes, femmes et enfants aux poumons brûlés promis à une lente agonie, entre les morts et les cadavres d'animaux jonchant le sol.
Les 350 médecins de Bhopal peuvent difficilement faire face à l'afflux massif de personnes touchées. Un premier bilan à la fin de cette journée fait état de 3 500 morts et de centaines de milliers d'habitants intoxiqués.
Installée à Bhopal depuis 1982, l'usine Union Carbide a déjà montré des carences en terme de sécurité, ce dès sa construction. L'alerte tardive lancée aux autorités, près de trois heures après l'accident, s'explique par la volonté de régler officieusement les problèmes. Mais aussi en raison d'un système d'alarme défaillant, qui, se déclenchant trop souvent à tort, n'effraie plus les ouvriers trop habitués aux fausses alertes...
La compagnie Union Carbide, devenue par la suite Dow Chemical, tente de se soustraire à la justice internationale depuis lors, alors que 370 000 personnes ont été affectées physiquement par cette catastrophe chimique sans précédent. Près de 20 000 d'entre elles sont décédées - le jour même et ceux qui ont suivi, des centaines de milliers d'autres en sont restées marquées à vie dans leur chair.
Des victimes qui n'ont pas été indemnisées, alors que la ville de Bhopal, toujours contaminée par le gaz toxique, abreuve toujours, en 2011, ses habitant d'une eau impure, à l'origine de maladies et de handicaps chez tous ceux nés après ce qui reste la pire catastrophe industrielle jamais connue.
● Journal de 20 heures d'Antenne 2 du 3 décembre 1984
Journal de 20 heures d'Antenne 2 du 2 décembre 1984
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Le masque et la plume du 2 décembre 1984 : Cinéma
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