Paraît aujourd'hui, aux éditions Seix Barral, La Ville et Les Chiens, premier roman remarqué de Mario Vargas Llosa, écrivain d'origine péruvienne.
Cava, Le Boa, Le Frisé et surtout Le Jaguar... Les quatre élèves du lycée militaire Leoncio Prado de Lima, fondateurs du "Cercle", règnent sur leurs camarades et leur imposent leurs volontés. Instauration de terreurs quotidiennes, dont L'Esclave est la proie privilégiée, mais aussi organisation de trafics de cigarettes ou encore d'alcool.
Les dictateurs en herbe, dont la jeunesse ne saurait faire oublier la violence, reproduisent à leur manière l'autorité militaire qu'ils décrient tant. Teresa, la belle qui jouit d'une liberté totale dans la capitale liménienne, ou encore Alberto, dit le Poète, et ses écrits pornographiques - dans lequel certains ont reconnu les traits de Vargas Llosa - gravitent, parmi d'autres et bon gré mal gré, autour des fondateurs du Cercle.
Le vol d'un sujet d'examen met le feu aux poudres et tout le monde à cran. L'autorité militaire de l'établissement, très sévère et parfois injuste, se déchaîne. La pression et les brimades imposées par les militaires conduisent à la dénonciation du voleur et à la vengeance sur le délateur... de manière irréparable.
Mario Vargas Llosa, qui a passé, durant son adolescence, quelques temps au lycée Leoncio Prado, s'inspire de sa terrible expérience pour ce roman fort, au style particulier qui n'hésite pas à faire endosser, tour à tour, le rôle du narrateur à plusieurs protagonistes. Dans un univers marqué par la violence et la mort mais aussi par l'amour et l'amitié, qui peuvent se révéler tantôt redoutables atouts tantôt véritables écueils.
Après Les Caïds suivis de Les Chiots, recueil de nouvelles sorti en 1958, Vargas Llosa livre son premier roman, particulièrement bien accueilli par une critique élogieuse. La version manuscrite de La Ville et Les Chiens a d'ailleurs été récompensée du prix Biblioteca Breve l'année dernière.
Ce roman a été écrit à Paris où l'écrivain, né en 1936 à Arequipa (Pérou), a trouvé refuge après un passage à Madrid grâce à une bourse d'études. D'abord journaliste, Mario Vargas Llosa, au travers de cette œuvre, laisse entrevoir toutes les possibilités d'une longue carrière littéraire, alors que l'écriture sud-américaine connaît un nouvel essor, notamment sous l'impulsion de Jorge Luis Borges et Julio Cortazar.
En décembre 2010, le jour de l'annonce du Nobel de littérature, je guettais les infos... Et quand le nom - écorché - de Mario Vargas Llosa a été lancé, durant l'heure du midi, sur les ondes, un seul cri d'exclamation : "Enfin !" Au moins dix années qu'il était pressenti et que les fans espéraient :)
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