Le tribunal devant lequel ont été jugés les vingt-trois prévenus de la sinistre affaire dite "des ballets roses" a rendu son verdict, soit vingt-deux condamnations.
Cette scandaleuse affaire, qui a commencé le 10 janvier de l'année dernière avec l'annonce dans Le Monde de l'arrestation d'un policier pour détournement de mineures (il organisait des parties fines dans un pavillon mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale), a fini par exposer un groupe de notables parisiens, que Le Canard enchaîné a surnommés "le Tout pourri" dès le 4 février suivant. Ces derniers assistaient à des spectacles (d'où le nom de "ballets") érotiques mettant en scène des mineures fournies en alcool et marijuana.
L'organisateur, Pierre Sorlut, a été condamné à cinq ans d'incarcération. Compte-tenu de son âge et des "services rendus", le juge s'est montré très clément, en ne lui infligeant qu'un an de prison avec sursis, avec l'homme politique André Le Troquer, ancien résistant et dernier président de l'Assemblée nationale de la IVème République, directement visé dès le début de l'affaire (le 29 janvier, il avait adressé au Monde une lettre de protestation à présent discréditée).
Le procès est clos, mais les rumeurs d'orgies dans le monde politique vont lui survivre. L'année prochaine, l'affaire inspirera à Alfred Rode le film Dossier 1413-Les Ballets roses, avec Johnny Hallyday.
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