Paris, 29 juin
Ses amis reconnaissent une qualité, parmi d’autres, à Pierre Sabbagh, celle d’être têtu. Son premier projet de journal télévisé, il en a parlé pour la première fois à Wladimir Porché l’an dernier. Porché l’a écouté mais n’a pas semblé le prendre vraiment au sérieux. Un peu plus tard, quand Sabbagh lui annonce qu’il a trouvé la perle rare, un cameraman, en la personne
de Michel Wakhévitch, il lui est répondu qu’il n’y a pas assez d’argent dans les caisses. Ce n’est qu’au début de l’année que Porché le convoque à nouveau et lui dit : « Maintenant, j’ai compris : faites-moi donc un journal télévisé ». Il lui donne le feu vert, mais les moyens restent toujours aussi dérisoires. Le baptême des ondes, ce jour, est loin de laisser
deviner les bricolages qui auront permis de le mettre en place. L’équipe ne
dispose en tout et pour tout que d’une seule caméra, celle de Wakhévitch, une 16 mm muette. En plus des sujets d’actualité, nombre de bandes ont été achetées à des agences étrangères. Wakhévitch et Sabbag développe eux-même les films sur des tambours à linge à l’aide de lampes dérobées dans les escaliers. Jean-luc, le directeur des programmes de la télévision, a de quoi être satisfait.
L’enthousiasme et la débrouillardise ont pu pallier la pathétique absence de moyens. Le journal, qui démarre à 21 heurs, dure un quart d’heure. Les commentaires sont lus d’une cabine. Il va sans dire qu’avec tous les essais préalables les journalistes sont passés maîtres dans l’art de l’improvisation.
Les sujets sont prêts à la dernière seconde et il n’est pas rare d’inventer les noms des personnages montrés à l’écran.
● Le masque et la plume du 2 juillet 1959 : Littérature
Discorama du 3 juillet 1959 : Rosita "La Foule"
● Discorama du 3 juillet 1959 : Rosita "La Foule"
Cinq colonnes à la une du 3 juillet 1959 : Pour une fille d' Edouard Molinaro
● Cinq colonnes à la une du 3 juillet 1959 : Pour une fille d' Edouard Molinaro