Chef du Parti communiste chinois (PCC) et président de la République populaire de Chine, Mao Tsé-toung, vient de prononcer un discours qui fera date dans l’histoire du communisme chinois. En effet, à l’occasion de la 11e session élargie de la conférence suprême de l'Etat et devant deux mille personnes, lance un appel, ou plutôt une campagne de rectification (zhengfeng) appelé la campagne des cent fleurs avec le slogan : « Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent », qui fait référence au Zhuangzi, l'ouvrage fondamental du taoïsme.
Cette volonté de libéralisation est la conséquence d’une politique intérieure comme extérieure particulièrement tendue pour le dirigeant chinois. Sur plan externe l’Europe de l’Est est en proie à des turbulences liées à la déstalinisation en Russie. D'autre part, la Chine est traversée par des protestations nationales, et Mao voient sa position au sein du Parti se fragilisait en raison d’un au bilan économique et politique mitigé.
Si Mao parvient à imposer cette idée au sein du Parti à la fin de l'année 1956, bien que les résistances demeurent nombreuses, son discours sur les cent fleurs date du 2 mai 1956, mais c'est seulement le 27 février 1957 qu'il décide de forcer le cours des choses en prononçant son célèbre discours sur « La juste solution des contradictions au sein du peuple ».
Ainsi, pour éviter une perte de pouvoir fatale, Mao tente de rallier le peuple à sa cause en donnant aux protestataires une tribune. Par ce discours il lance la campagne des Cent fleurs faisant référence à cent écoles et cent opinions. Le mot d'ordre des cent fleurs, qui jusque là n'avait constitué qu'une campagne classique de libéralisation, devient un appel à critiquer le Parti.
Quelques jours après, la contestation nationale s'intensifie et sera suivie de répressions du pouvoir. On apprendra par la suite que cette campagne a fait des centaines de milliers de victimes
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