Alors que la guerre froide est à ses débuts et que les tensions sont prégnantes, les six pays de la CECA (les Etats français, italien, belge, allemand, luxembourgeois et néerlandais) ont signé ce 27 mai 1952 un traité instituant la Communauté Européenne de Défense (CED). Cette décision a été le fruit d’intenses négociations mais les Etats étaient animés par une volonté commune alimentée par la crainte d’une possible troisième guerre mondiale. La CED permettrait in fine la création d'une armée européenne intégrée sous commandement supranational ce qui rend possible le réarmement de la RFA sans reconstitution d'une armée.
L’idée d’une telle communauté de la Défense naît il y a deux ans lorsque René Pleven, alors président du Conseil français, émet pour la première fois cette possibilité. Cependant, l’opinion française n’est pas unanime, notamment chez les communistes et les gaullistes.
Finalement, le traité sera rejeté par l’Assemblée nationale française en 1954.
Dans une déclaration tripartite signée en marge du traité de Paris, le même jour, Acheson(Etats-Unis), Eden (Royaume-Uni) et Schuman (France) affirment que les différentes conventions « ont pour objet d'empêcher que des tensions et des conflits viennent à nouveau diviser les nations libres d'Europe et de prévenir toute renaissance d'un militarisme agressif. Ils rendent possible l'abandon des limitations spéciales imposées jusqu'ici à la République fédérale d'Allemagne et permettent à celle-ci de participer comme partenaire égal, à la défense de l'Occident. » Ils rappellent qu’il s’agit d’une nécessité car les « nouvelles garanties ne s'appliqueront aux États intéressés qu'en tant que ceux-ci seront membres de l'une ou de l'autre de ces organisations, les Gouvernements américain et britannique ont, tout autant que le Gouvernement français, un intérêt permanent à l'efficacité du traité établissant la Communauté européenne de défense ainsi qu'à la solidité et à l'intégrité de cette Communauté. En conséquence, si une action, d'où qu'elle procède, vient à menacer l'intégrité ou l'unité de la Communauté, les deux Gouvernements considéreront cette action comme une menace contre leur propre sécurité. Ils agiront en conformité avec l'article 4 du traité de l'Atlantique nord. »
En effet n’oublions pas que nous sommes durant la guerre froide, d’où la volonté d’établir un bloc défensif. Ce qui explique également le rappelle de l’importance de Berlin aux yeux des trois puissances. « Elles réaffirment donc qu'elles considéreront toute attaque contre Berlin, d'où qu'elle vienne, comme une attaque dirigée contre leurs forces et contre elles-mêmes. »
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