Le 24 avril 1950, la Transjordanie annexe la Cisjordanie, alors sous mandat britannique, et forme le royaume de Jordanie. Cette annexion est le résultat d’un contexte comme des enjeux géopolitiques résultant de la guerre entre Israël et ses voisins arabes. Le 2 juin 1949 le pays abandonne sa dénomination de Transjordanie pour devenir le Royaume hachémite de Jordanie. En effet, à la suite de la guerre de 1948 la Transjordanie occupe la Cisjordanie (5800 km²) qui comprend la partie orientale de Jérusalem, les villes de Naplouse, d’Hébron, de Jéricho, de Ramallah et Bethléem. Le roi Abdallah souhaite réunir les deux rives du Jourdain et pour cela entame les démarches « légales ». Ainsi, une loi du 1er décembre confère au Roi Abdallah les pouvoirs dévolus au Haut commissaire pour la Palestine. Dans cette loi la Palestine n’est plus désignée que sous le nom de « zone occidentale ». Le 20 décembre un décret royal dissout la chambre des députés à compter du 1er janvier 1950 et ordonne de nouvelles élections. La nouvelle assemblée devra comprendre 20 députés élus dans la zone occidentale (la Cisjordanie où vivent 800 000 personnes) et 20 députés de la zone orientale (la Transjordanie où vivent 500 000 personnes). Sa première tâche a consisté à voter ce 24 avril 1950 le projet de loi consacrant la réunification des deux rives du Jourdain. Ce vote se fait malgré l’opposition de 10 députés de la zone occidentale.
La Jordanie voit ainsi sa population augmenter : de 375 000 habitants, elle passe à 1200000. Mais seul le Royaume-Uni reconnaît cette annexion. En effet, cette décision d’annexer la Cisjordanie ne s’est pas fait dans l’indifférence. Ainsi comme l’en avait menacé ses voisins arabes, L’Egypte suivie de l’Arabie Saoudite, du Liban et de la Syrie demande à la Ligue Arabe d’entamer la procédure d’exclusion. A ce sujet, le roi Abdallah avait répondu que si cela était le prix à payer pour mener à bien l’opération il l’accueillerait cette décision avec satisfaction. Néanmoins, cette demande n’a pas été suivie d’effet car les statuts de la ligue ne prévoyant pas d’exclusion au titre d’une annexion.
Cette réaction hostile des pays arabes résulte du soupçon qui pèse sur la Jordanie d’avoir préparé cette opération de longue date et avec la collaboration de l’Angleterre et d’Israël.
Les nationalistes palestiniens opposent également une violente résistance au roi et cette annexion est souvent décrite comme l’une des causes de son assassinat, le 20 juillet 1951.
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