Bien que la seconde guerre mondiale s’achève officiellement le 8 mai 1945, il ne faut pas oublier que le premier acte de capitulation de l’armée allemande a été signé le 7 mai 1945 à Reims.
Le texte est signé dans une salle du Collège Moderne et Technique de Reims de la ville à 02h40 du matin par le général Alfred Jold et l’Etat major du front Ouest c’est-à-dire le général Bedell-Smith (Commandant Suprême des Forces Expéditionnaires Alliées) et le général soviétique Sousloparov. Le représentant français, le général Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle, signe comme simple témoin. C’est avant tout un document militaire car fait, pensé et rédigé par des militaires sous l’impulsion d’Eisenhower qui était soucieux de mettre fin au plus vite à la guerre et d'éviter les ergotages juridiques et politiques qui auraient risqué de faire traîner le processus.
Le premier article de l’acte de reddition militaire spécifie clairement les termes de la capitulation « Nous soussignés, agissant au nom du Haut Commandement Allemand, déclarons par la présente que nous offrons la reddition sans condition au Commandant Suprême des Forces Expéditionnaires Alliées et, simultanément au Haut Commandement Soviétique, de toutes les forces de terre, de mer et de l'air qui sont à cette date sous contrôle Allemand. »
Dans le deuxième article, les forces allemandes sont invitées à cesser « de prendre part aux opérations actives à 23 heures 01 heure d'Europe Centrale le 8 mai et de rester sur les positions qu'elles occuperont à ce moment. »
C’est l'amiral Doenitz, successeur d’Hitler, qui s'est suicidé dans son blockhaus le 30 avril, qui avait demandé aux alliés la fin des combats : le général Jodl se rend à sa demande à Reims, au quartier général du général Eisenhower et signe le 7 mai la capitulation sans condition.
Une fois la signature apposée sur le document la nouvelle est annoncée simultanément dans toutes les capitales alliées le lendemain à quinze heures, alors que les termes de l'acte de reddition stipulent que les hostilités prennent fin le 8 mai 1945 à 23h01.
Cependant Staline n'accepte pas une capitulation signée seulement dans la zone anglo-saxonne, il exige une signature à Berlin, contrôlée par les troupes soviétiques. Cela se fera le lendemain avec un français parmi les signataires, le général de Lattre de Tassigny qui exige de siéger avec les alliés, et qu'un drapeau français soit accroché aux côtés des drapeaux anglais, américain et soviétique. Keitel manifestera d’ailleurs publiquement sa surprise à la vue du drapeau français.
Cependant, si les deux signatures entérinent la capitulation allemande, ce n'est pas pour autant la fin de la guerre car le Japon ne s'est pas associé à cette reddition.
La signature du 7 mai a été oubliée afin de valoriser de la résistance française mis en évidence dans la signature du 8 mai. Ce traitement de l’information a triomphé puisque seul le 8 mai est commémoré. La salle de la signature est depuis classée au titre des Monuments Historiques.
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichelieu.php?idLang=fr&idLieu=2031
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