L’Allemagne vient de subir dans la nuit du 13 au 14 février 1945, l’un des plus intensifs bombardements aérien de la Seconde Guerre mondiale (à l'exception de Tokyo, Hiroshima et Nagasaki) sur la ville de Dresde.
La politique de destruction des sites stratégiques a été décidée au début du conflit par le Premier ministre britannique Winston Churchill qui confie cette mission au «Bomber Command» de la Royal Air Force. Il souhaite par ces actions relever le moral de ses concitoyens, durement affecté par les attaques aériennes sur les villes anglaises (le «Blitz»). Cependant avec le bombardement de Dresde, les alliés sont passés à une autre échelle car auparavant les attaques se concentrées sur des sites stratégiques uniquement (zones industrielles et nœuds de communication). L’inefficacité de ses premiers bombardements incite W. Churchill à placer un nouveau commandant à la tête du « Bomber Command », Arthur Harris, et lui donne l’autorisation, lors de la conférence de Casablanca (janvier 1943), d’atteindre des sites urbains dans le cadre d’une campagne de bombardement à très grande échelle, de jour et de nuit.
La ville de Dresde est choisie en raison de données collectées par les services de renseignements occidentaux. Ces derniers étaient arrivés à la conclusion que la Wehrmacht allait déplacer 42 divisions, soit près d'un demi-million d'hommes, vers le front de l'Est, alors proche de la ville, et les services soviétiques avaient signalé d'importants mouvements de trains sur le centre de triage de Dresde. Les états-majors pensèrent que la ville servirait de nœud logistique pour ce transfert et chargèrent Sir Arthur Harris de son bombardement.
Mais le bombardement de Dresde visant essentiellement la ville elle-même et sa population causèrent de nombreuses victimes civiles. Au total, en quinze heures, 7.000 tonnes de bombes incendiaires tombent sur Dresde, détruisant plus de la moitié des habitations et le quart des zones industrielles. Une grande partie de la ville est réduite en cendres et avec elle environ 35.000 personnes, dont 25.000 ont été identifiées. Beaucoup de victimes disparaissent en fumée sous l'effet d'une température souvent supérieure à 1000°C. L'évaluation actuelle de 35.000 morts (dont 25.000 corps identifiés) résulte des travaux d'une commission d'historiens mandatée par la ville de Dresde. Le chercheur allemand Jörg Friedrich, qui n'est pas tendre pour les Alliés, fait état de 40.000 morts dans son livre Der Brand (L'incendie).
En effet, de nombreux historiens s’interrogent sur la nécessité d’une attaque de cette ampleur alors que le IIIème Reich semblait déjà en février 1945 s’effondrait de toute part.
Preuve que ce bombardement est resté dans les mémoires le 13 février 2011, des milliers d'Allemands ont formé une chaîne humaine à Dresde, pour commémorer les victimes du bombardement allié et protester contre un rassemblement de néo-nazis qui voulaient instrumentaliser cet anniversaire.
● Lectures pour tous du 23 octobre 1953 : Jean Rostand
Lectures pour tous du 6 novembre 1953 : Un médecin de campagne
● Lectures pour tous du 6 novembre 1953 : Un médecin de campagne
Lectures pour tous du 27 novembre 1953 : Sir John Hunt
● Lectures pour tous du 27 novembre 1953 : Sir John Hunt
Croissance : Angela contre les angélistes
● Croissance : Angela contre les angélistes
L’inflation n’est pas qu’un monstre imaginaire
Confessions sans absolutions
● Confessions sans absolutions
Le carnet de Roland Jaccard
Homophobie : on ne rit pas
● Homophobie : on ne rit pas
« Le prix Pierre-Guénin contre l’homophobie, du [...]